Vidée de ses touristes, Venise prépare sa renaissance



REPORTAGE - En 2019, ils étaient 30 millions à fouler le pavé de ses ruelles et voguer en gondole le long de ses canaux. Une carte postale qui a pris des teintes sépia tant la ville s’est métamorphosée en un an. Et si c’était l’occasion rêvée pour un nouveau départ ?



10 heures du matin. La place San Marco est vide. Mouettes voraces et autres pigeons dodus ont repris possession des lieux. Les gondoliers ont le regard dans le vide, ne prenant même plus la peine de héler les passants. Des habitués se retrouvent en petits groupes autour des cafés. De vieilles dames chancellent sous le poids de leur cabas, de retour du marché du Rialto. Pour ceux qui ont connu Venise avant le mois de mars 2020, le contraste est saisissant. Une ville à sec, entourée d’eaux saumâtres qui, ironie du sort, n’ont jamais été si limpides.

En l’absence de voyageurs, Venise gratte les fonds de tiroir. Sur les 3 milliards d’euros annuels rapportés par le tourisme, 2,5 se sont volatilisés, crise oblige. Avec des conséquences dramatiques sur la population, dont 65 % dépendent directement du secteur, contre 15 % pour le reste de l’Italie. Les hôtels de luxe ont tout fait pour limiter la casse, adoptant différentes stratégies. L’Aman Venice, 5-étoiles aux tarifs avoisinant les 950 € la nuit, mais aussi le mythique Danieli, ou encore le Saint-Regis, ont préféré proposer des offres exclusives et des services supplémentaires aux voyageurs plutôt que de brader leurs nuitées. En coulisses, on espère que Britanniques, Français, Suisses et Allemands pourront bientôt revenir, les Italiens n’étant pas autorisés à passer d’une région à l’autre pour partir en goguette le temps d’un week-end.

Source : lefigaro.fr